Par une belle journée de printemps, l’an dernier, ma fille et moi marchions le long du chemin, après une journée à la garderie pour ma fille. J’aime aller reconduire et chercher ma fille à la garderie en marchant. Nous habitons tout près du milieu de garde et c’est vraiment un privilège duquel je suis reconnaissante. Pendant nos petites marches, nous en profitons pour sentir les odeurs qui changent selon les saisons, pour être à l’écoute des chants des oiseaux, pour regarder et sentir les fleurs naturelles qui longent le bord de la route. Souvent, on s’y arrête pour cueillir des fleurs et en ramener un beau bouquet à la maison.
Cette journée-là, nous étions accompagnées de ma voisine et de sa fille. Je revois encore le visage tout souriant de Lora, ma fille, toute émerveillée de découvrir les premières fleurs du printemps : les pissenlits. Elle était toute fière de cueillir sa première fleur, d’un beau jaune soleil. De mon côté, j’ai dit à haute voix et d’un ton un peu sarcastique « Ben oui, la belle fleur jaune! » Tout de suite, j’ai pris conscience de cet automatisme à propos des pissenlits et je me suis dit « Mais voyons, qu’est-ce que je suis en train de dire là! » Ce n’était tellement pas le fond de ma pensée. J’associe les pissenlits au terme « envahissant » et ainsi au fait que je ne les aime pas. Alors ma voisine m’a dit « Ben moi le pire c’est que je trouve ça beau un pissenlit. » Moi aussi d’ailleurs. Ce n’est pas parce qu’ils sont un peu envahissants qu’ils ne sont pas beaux. Ça ne réduit en rien leur beauté, leur valeur. Depuis, beaucoup de prises de conscience ont fait leur apparition au moment opportun. Je lâche prise, je guéris et je me libère de ces automatismes. Et vous, quand je vous nomme le mot « pissenlit », qu’est-ce qui vous vient à l’esprit? Bonne journée et bonne prise de conscience!

